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Monsols un village tel qu'on pouvait le voir vers 1850

en bleu texte tiré de l'ouvrage "L'ANCIEN CANTON DE MONSOL" écrit par Théodore OGIER vers 1850
réédité en 1996 par les EDITIONS DE LA GRANDE FONTAINE


en vert commentaires et ajouts

une contribution de Marie Claude et Gérard BAUER souscripteurs de l'exemplaire n° 86

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Population: 1,240 habitants
(1279 au recensement de 1851)
Au centre-sud du canton
Superficie : 1,952 HECT.
Distances judiciaires : de Villefranche, 32 kil ; de Lyon, 59 kil.


Placé entre plusieurs montagnes de hauteurs différentes, et dont la plus élevée, située au sud-ouest de Monsol, est à 1,012 mètres au dessus du niveau de la mer, ce chef-lieu de canton n'a rien de remarquable. Les places et rues dont se compose le bourg ne sont pas sans agréments, et les maisons sont propres et assez bien alignées.
Cette commune renferme dans son enceinteun grand nombre de hameaux. Les plus importants sont : Charnay, Michon, les Places et Champlon. Ainsi divisé, ce bourg perd une partie de son importance comme agglomération.. Une seule rue, qui, en décrivant une courbe, suit la direction du nord-ouest au sud, renferme la majeure partie des habitations, les autres sont dispersées, et l'espacequ'elles occupent ne mérite guère la dénomination de rues.
La Grosne occidentale sillonne le territoire de Monsol par plusieurs endroits. Les diverses sources de cette rivière descendent des montagnes, se réunissent au nord du bourg, et se dirigent vers Saint-Christophe.
Le bois d'Ajoux occupe tout le côté ouest du territoire de Monsol. Il est borné au sud par la montagne appelée le Signal de Saint-Rigaud ; au nord par celle de Charonze. La première a 1,012 mètres au dessus du niveau de la mer : la seconde 645 mètres ; la montagne de Chanay, à la base septentrionale de laquelle est un hameau du même nom, a une hauteur de 679 mètres.

Monsol ne possède aucun monument. Son église, jadis sous le vocable de Saint-Loup (Saint Loup est encore aujourd'hui la fête patronale), n'a rien dans son architecture que l'on puisse citer ; on serait même fort embarrassé d'assigner une date de construction ; rien dans l'intérieur, non plus que dans la façade sans grace, n'aidant à cette fixation. Cette église a trois nefs ; le clocher s'élève au dessus du choeur ; en somme, rien d'artistique, rien de remarquable.

Monsol faisait partie du diocèse d'Autun, et de la collation de Cluny, dont l'abbé percevait les deux tiers de la dîme, et le curé l'autre tiers. Il ressortait de la juridiction de la prévôté de Beaujeu pour trois quarts ; l'église et la plus grande partie de la paroisse appartenaient à mademoiselle de Beaujeu ; le reste, ainsi que Chevagny-le-Lombard, d'où dépendait le château de Ruire, appartenait à Charles d'Ephelines, président en l'élection du pays de Beaujolais.

Le bois d'Ajoux, dont nous venons de parler, et qui est sur la montagne de ce nom, renferme les ruines d'un prieuré dépendant de l'abbaye de Cluny. Du point culminant du mont d'Ajoux, on découvre un magnifique point de vue où figurent la Saône et la Loire.

Une tradition assez répandue rapporte que, dans un hiver rigoureux, les moines de ce prieuré, ayant été cernés longtemps par les neiges, périrent faute de nourriture et de chauffage ; ce serait, dit-on, depuis cette époque que l'abbaye de Cluny aurait cessé de fournir des religieux à ce prieuré. Si, quelquefois, les traditions sont menteuses, la position topographique qu'occupait ce prieuré suffirait pour imprimer à celle-ci un cachet de vérité. Il paraîtrait que Ara Jovis aurait été le nom primitif de cette montagne, et que le prieuré aurait remplacé un autel consacré à Jupiter.

La dévotion à Saint Loup est grande dans ce pays, et la fête de ce saint, qui tombez le 29 juillet, attirait jadis à Monsol quinze mille pélerins, soit le jour même de la fête, soit le dimanche suivant.

Au nord-est de Monsol se trouve le château de la Carelle, qui était fief et château, avec rente noble et dîme, et du ressort de la prévôté de Beaujeu. Dans le milieu du siècle dernier, un M. de la Roche Neuilly, lieutenant des chasses, en était le seigneur.

Nous avons dit que le territoire de Monsol renfermait une mine de plomb sulfuré mélangé de quelques fragments de plomb phosphaté vert. Une galerie s'enfonce dans une montagne granitique. Il y a peu de baryte sulfaté dans la gangue, beaucoup de quartz ; le filon est puissant ; son épaisseur va en augmentant à mesure qu'on y fait des progrès. Cette mine est argentifère, mais la parcelle d'argent qu'elle peut contenir n'a pas encore été déterminée d'une façon positive.
Quelques riches propriétaires de Monsol et de Beaujeu ont formé une compagnie pour l'exploitation de cette mine ; jusqu'à ce jour, on n'a pu arriver qu'à la vente du vernis de potier. Mais il est probable que la louable persévérance qui dirige cette entreprise permettra bientôt une exploitation en grand, ainsi que la construction des bâtiments et des forneaux qui lui sont nécessaires.

Monsol n'est traversé par aucune route de quelque importance ; une voie de communication relie cette commune à Saint-Igny-de-Vers, à l'ouest du canton, et avec Beaujeu, au sud.
Comme chef-lieu de ce canton, Monsol est le siège d'une justice de paix (juge de Paix Claude LACROIX) et d'un bureau d'enregistrement.

Administrations: Civile, 1 Maire
(Louis Marie Auguste RUET médecin et conseiller d'Arrondissement) , 1 Adjoint, 10 Conseillers municipaux - Religieuse, 1 Curé (Jean Marie GOUTTE 53 ans) , 1 Vicaire (Jean Baptiste DESFLACHES 35 ans) .
Instruction publique: il y a deux écoles communales: l'une pour les garçons, sous la direction d'un instituteur laïque (Etienne BAIZET 24 ans) ; l'autre pour les jeunes filles, est dirigé par des religieuses.
Quoique l'agriculture occupe beaucoup les habitants, ils se livrent encore à l'élevage des bestiaux ; il s'y fabrique aussi de la grosse toile.
Le sols produit céréales, légumes, noix et chataîgnes, mais peu de vignes, vu la rigueur du climat, Monsol étant à 587 mètres au dessus du niveau de la mer.
Les foires de ce pays ont lieu: le lundi qui précède la Purification, le second mardi des mois de mai et d'août et le lundi avant la Toussaint ; il y a un marché tous les mardis ; on y commerce sur le fil de chanvre, les planches et principalement sur les bestiaux.
Les lettres arrivent par Beaujeu.