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Mercredi 26 juillet 1944
le bombardement d'Ouroux

récit de Mr MELINAND
tiré de l'ouvrage "Histoire d'Ouroux" écrit par l'Abbé Germain ODOUARD
vicaire à Ouroux de 1879 à 1892
complété et imprimé en 1952 par l'Abbé Jh AUBONNET curé d'Ouroux

Il était 19 heures 30, le 26 juillet 1944 lorsque six avions allemands surgirent du col de Fontmartin, passèrent au dessus du village, se dirigèrent du côté de la Serve pour faire subitement demi-tour et revenir sur le village où ils lachèrent de nombreuses bombes explosives et incendiaires.

Ces dernières tombèrent dans la montagne des Friats où heureusement le feu ne se propagea pas très vite; les premières tombèrent dans le bois des Garennes, au dessus de la ferme des Friats.

Les premières bombes explosives qui atteignirent le village tombèrent sur la maison de Mr IAGELLO, tuant sa femme qui ne devait être remontée des décombres que le lendemain ainsi que Mr KOURLUKOFF, réfugié de Paris et habitant dans une petite maison accoudée à celle de Mr IAGELLO. Tout à côté, Mr DESPERRIER Joanny et Mme Vve SAIGNEMARTIN, sa voisine, trouvèrent aussi la mort. La fille de Mr DESPERRIER fut prise sous les décombres et ne fut sortie qu'après deux heures d'efforts, blessée à l'épaule. On dut la transporter aussitôt à l'hôpital de Mâcon.

Une bombe explosive sur la route devant l'hôtel DESPERRIER le vida de son contenu; les maisons de Mr RUET Antoine, LARGE Lucien, LARGE Jean Marie et l'hôtel Ray furent sérieusement endommagés. Dans sa cuisine Mr RAY fut blessé ainsi que son neveu.

D'autres bombes encore tombèrent, démolirent la maison d'habitation et l'atelier de forge de Mr MELINAND, le dépôt de maçonnerie de Mr BOUILLARD Léon. Une bombe rasa le clocher, tomba derrière l'église endommageant celle-ci et brisant les vitraux.

Pendant le bombardement, les habitants pris de panique, se réfugièrent dans le lit de la rivière qui se trouve encaissé ou contre le talus d'un terrain sur "la ville", à la merci des rafales de mitraille car les avions délestés de leurs bombes mitraillaient tout ce qu'ils voyaient, durant trois quarts d'heure.

Après le bombardement, les pompiers de Tramayes et les gens d'Ouroux arrêtèrent en partie les incendies: une porcherie et un grenier à la ferme des Friats, une écurie et un grenier à la ferme de la Rivière brûlaient. Seuls furent détruits complètement les garages de Mr JACQUET et de Mr RAY.

On put constater de nombreuses dégradations dans les maisons ainsi que vitres cassées et plusieurs petits dommages, mais Ouroux ne fut pas détruit complètement car les avions bombardaient par le travers, c'est à dire du Chateau-du-Bois à la ferme des Friats et une bonne partie des bombes explosives tomba dans les près tuant quelques vaches et moutons appartenant à Mr FAYARD.

La nuit vint mettre fin à cette heure terrible qui venait de s'écouler. Cependant un fort orage, au début de la nuit prolongeait la frayeur qui hantait les esprits.

Tout n'était pas fini, puisque trois semaines après on apprenait la mort affreuse d'un enfant de onze ans, Ambroise SAIGNEMARTIN, tué en jouant avec un engin quelconque qui explosa.

La cause de ce bombardement ne fut pas connue. D'après ce que l'on a pu savoir, le jour avant le bombardement un camion contenant une vingtaine d'allemands fut attaqué par le maquis de Beaujeu. D'après une certaine rumeur, en attaquant Ouroux, les Allemands auraient peut-être simplement voulu semer la panique à titre de représailles, pensant que les maquisards pouvaient se trouver dans les bois. C'est la seule raison qui ferait croire au bombardement d'Ouroux puisque le village est entouré de bois.

Le lendemain, Beaujeu fut aussi bombardé, mais il n'y eut qu'un mort et bien moins de dégâts.

Au cours de cette dernière guerre des enfants d'Ouroux moururent pour la France. Leurs noms furent joints, à part, sur le monument aux morts, au cimetière et à l'église, dont voici la photographie de la plaque commémorative.

la plaque commémorative des victimes du bombardement d'Ouroux