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Saint-Christophe un village tel qu'on pouvait le voir vers 1850

en bleu texte tiré de l'ouvrage "L'ANCIEN CANTON DE MONSOL" écrit par Théodore OGIER vers 1850
réédité en 1996 par les EDITIONS DE LA GRANDE FONTAINE


en vert commentaires et ajouts

une contribution de Marie Claude et Gérard BAUER souscripteurs de l'exemplaire n° 86

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Population: 977 habitants
(999 au recensement de 1851)
Au centre du canton
Superficie : 1,450 HECT.
Distances judiciaires : de Monsol, 16 kil. ; de Villefranche, 34 kil ; de Lyon, 61 kil.


L'église de cette commune, le presbytère et quelques maisons qui les environnent, sont situés sur le sommet d'une montagne dont l'élévation est de 565 mètres au dessus du niveau de la mer, et d'où la vue s'étend sur plusieurs départements. Cette situation est pittoresque et imposante. A 400 mètres plus bas environ, la montagne forme une sorte d'esplanade sur laquelle est assis le hameau le plus considérable de la commune. Ce hameau, nommé Paquier, se compose d'une agglomération de maisons assez bien bâties et convenablement disposées. Les autres hameaux sont Vaujon au sud-ouest ; Very et Montcesset au nord. Ce dernier est à 564 mètres au dessus du niveau de la mer.
L'église, pour ainsi dire perchée sur la cîme de la montagne, est un édifice bas, massif, et d'un mauvais effet par lui-même ; mais sa position élevée, en l'exposant à tous les orages exigeait une construction plus solide que gracieuse. Cette église, dédiée à saint Christophe, présente un carré long, composé de trois nefs sans voûte ; mais on voit, derrière le grand autel, un arc ogival, reste de l'ancienne église. Celle qui existe aujourd'hui est d'une architecture très simple. La reconstruction a été faite en 1841. Les deux chapelles latérales, adossées contre le mur, au niveau du choeur, n'ont rien de remarquable.
Une pierre tumulaire, qui sert de seuil à l'une des entrées, couvre les restes mortels de la fille d'un conseiller de la cour d'appel de Lyon, morte en 1818. Ce petit édifice, malgré les réparations et reconstructions qui l'ont changé totalement, conserve encore néanmoins la physionomie des anciennes chapelles, filles de l'abbaye de Cluny, à laquelle, sans doute, il doit sa fondation.

Au midi du bourg, et toujours sur le flanc de la montagne, est une petite chapelle, dédiée à saint Roch. Elle appartient à un propriétaire qui l'a fait reconstruire, d'après les conseils du desservant de la paroisse. Cette chapelle était autrefois en grande vénération ; à certains jours de l'année, on s'y rendait en foule de tous les alentours. Près de cette chapelle se tenaient des fêtes villageoises, où venait s'ébattre la jeunesse des environs.
Saint-Christophe appartenait, en 1601, à noble Michel Duléger-Tête-Noire, ce qui est constaté par un dénombrement rendu par ledit Duléger, pour sa maison forte de Bacot, située dans cette paroisse.
Jean Duléger-Tête-Noire, écuyer, sieur de Bacot, gentilhomme ordinaire de la maison du roi, acquit du duc de Montpensier, le 3 février 1604, les droits de justice, cens, servis, et autres droits seigneuriaux sur la paroisse de Saint-Christophe, droits qui, auparavant, dépendaient de Coux et Allognet. Toutefois le duc de Montpensier en faisant cette vente, se réserva foi et hommage.
La terre de Bacot devint plus tard la propriété de M. Antoine de Sarron, qui, le 17 juillet 1624, épousa Madelaine Duléger, fille de Jean Duléger-Tête-Noire. En 1660, cette terre était possédée par M. Gaspard de Saconay, qui avait épousé Angèle de Sarron, fille d'Antoine de Sarron. Camille de Saconay, fils d'Angèle de Sarron, hérita de la terre de Bacot, et par des transactions qui eurent lieu en 1705 et 1713, il acquit du marquis Desprès, la rente noble et les droits de justice que ce dernier avait sur la paroisse de Saint-Christophe. En 1719, Camille de Saconay vendit sa terre de Bacot au sieur Jean André, lequel ayant mal géré ses affaires, fut contraint par ses créanciers à se défaire de la terre de Bacot. Elle fut adjugée, par arrêt des commissaires du conseil du 21 juillet 1734, au sieur Lambert Peysson, écuyer, lequel eut pour héritier son fils Jean-Philibert Peysson, écuyer et conseiller en la cour des monnaies de Lyon. Cette famille Peysson posséda la terre de Bacot jusqu'à la révolution de 93.

L'ancien manoir de Bacot était situé au sud du bourg, dans la vallée qu'arrose la Grosne ; quoique peu fortifié, il était néanmoins flanqué de plusieurs tours. En 1836, pendant une nuit orageuse, il devint la proie des flammes ; malgré les prompts secours que l'on apporta, tout fut consumé. Il serait impossible aujourd'hui de reconnaître le château de Bacot dans la maison bourgeoise qui l'a remplacé.
Saint-Christophe était autrefois village et paroisse dans le Beaujolais ; il dépendait du diocèse d'Autun, de l'Archiprêtré de Bois-Sainte-Marie, de l'élection de Villefrance, et de la juridiction de Bacot. M. l'abbé de Cluny nommait à la cure, et était décimateur de la paroisse.

Administrations: Civile, 1 Maire
(MICHON) , 1 Adjoint, 12 Conseillers municipaux - Religieuse, 1 Curé (Pierre PIOT 64 ans) et 7 Fabriciens


Saint-Christophe possède un bureau de bienfaisance, et un comité local d'instruction primaire.
Instruction publique: il y a deux écoles communales: l'une pour les jeunes garçons, dirigée par un laïque, et recevant 60 élèves (Jean Marie BAIZET 20 ans) ; l'autre pour les filles, dirigée par une dame, et ayant aussi 60 élèves.
Les productions agricoles consistent en céréales, blé noir, pommes de terre, peu de fruits et de vin. La Grosne fait mouvoir 7 moulins et une scierie. Le pays est peu boisé. La vallée de la Grosne fournit de bons pâturages.
Foires : 2 mai et 13 novembre ; commerce : fil, chanvre, planches et sabots.
Boîte aux lettres ; bureau de Beaujeu.